Action missionnaire : Aller, Rester, Revenir

Par Romuald Hanss, Lomé, décembre 2024

« Allez » est le célèbre ordre de Jésus…

Ce mot à un sens particulier, car Jésus dit d’Aller par le monde entier sans préciser la destination exacte (Mt 28.19). Cela nous rappelle la parole donnée par l’Éternel à Abram : « Va dans un pays que je te montrerai ». On retrouve ce « Allez » dans l’évangile selon Matthieu comme l’acte d’obéissance du disciple de Jésus qui est « en marche ». C’est le sens hébreu du mot « heureux » du sermon sur la montagne dans Matthieu 5. On peut alors clairement supposer la relation directe entre le bonheur et l’accomplissement de la mission de ceux qui sont « envoyés » et donc qui « vont ». Ce « Allez » veut dire qu’il y a des hommes et des femmes appelés qui sont envoyés par Dieu, par la voix de Dieu. Aller signifie se mettre en route par la foi. De même, de nos jours, le missionnaire, s’il reçoit une direction de Dieu par l’Esprit, reçoit par là même une grâce qui le pousse au bonheur. Heureux l’homme, la femme ou le couple qui va sur le champ de la mission. Louons et bénissons le Seigneur pour cela !

C’est une chose d’aller, mais il faut aussi rester.

Il s’agit de rester pour faire l’œuvre de Dieu. Les efforts fournis pour arriver sur le champ missionnaire entament parfois tout le crédit et l’énergie de départ du candidat. Cependant, la joie d’arriver là où Dieu le veut remplit son cœur et l’aide à rester pour « conquérir » l’espace que Dieu donne.

Rester est une leçon de vie. Il faut du temps pour comprendre l’œuvre de Dieu sur place. S’acclimater, rencontrer des personnes nouvelles, découvrir des mentalités différentes et surtout mériter la confiance de ses hôtes. Rester c’est aimer et l’on sait d’avance que l’on n’aime jamais assez, car … on ne reste jamais assez. Tel est le lot du missionnaire. Alors que faire ? C’est la puissance de notre témoignage qui doit rester. On se doit de laisser une bonne empreinte indélébile dans les mémoires et les cœurs. D’une manière ou d’une autre, marquer son passage par sa vie ou par sa mort. Quelle différence entre un missionnaire qui reste six mois et un autre qui reste trente ans ? Tout dépendra de ce qu’il laisse dans ce temps. Frédéric Jules Lauga n’est resté que quatre mois à Sédhiou en Casamance au Sénégal, mais il y laisse jusqu’à ce jour un puissant témoignage.(1) Le prophète Harris Wade a passé moins d’un an et demi en Côte d’Ivoire et pourtant, à jamais il y a ouvert la porte au christianisme.(2) Quel que soit le temps qu’un missionnaire reste, c’est son témoignage qui parle après lui. S’installer et durer reste un objectif pour le travail pérenne d’une mission. Parfois, il faut préparer pendant vingt ans un séjour qui ne sera que de quelques années. Même quand « la mission » se retire, le plus important est que le travail perdure.

Revenir est dans le projet même du « Allez ».

En effet, revenir dans son pays d’origine implique pour le missionnaire une capacité à laisser la place, remettre entre les mains de Dieu la semence de son travail. Croire que la provision de Dieu est avant, pendant et après le travail accompli. Si certaines raisons poussent à revenir (ministérielle, familiale, politique, sanitaire, climatique), Dieu reste en contrôle de Sa Mission. Nous lui reconnaissons toute la gouvernance de Sa pensée et de Son œuvre. Revenir, c’est revenir avec celui qui a envoyé. Revenir ? Oui ! Mais pour mieux aller encore parmi les nations !!!


1 Missionnaire de la Société des Missions de Paris, originaire de la ville de Pau, il est à Sédhiou d’avril à août 1866, enterré à Sédhiou. Coïncidence de l’histoire, plus de 150 ans plus tard, un couple venant de Pau est venu au Sénégal également pour être pionniers d’une école dans une zone non atteinte par l’Évangile : le couple Paloque.


2 William Wade Harris (1860-1929) appelé le prophète par les historiens aurait amené à la foi chrétienne au moins 100 000 personnes en un peu plus d’une année dans le sud de la Côte d’Ivoire.

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