Par Jean LARTIN, pasteur à Bourges
Frères et sœurs, je m’adresse à vous avec le cœur d’un homme qui marche dans les rangs des Églises de Pentecôte depuis bientôt 48 ans…
Ce n’est pas une question de légitimité supérieure, mais une question de témoignage. Pourtant, mon cœur est lourd. Je vois et je lis de plus en plus de commentaires de « chrétiens » qui se moquent ouvertement du parler en langues et des pentecôtistes, nous affublant du surnom méprisant de « panpans ».
Quelle tristesse de voir une telle dérision, surtout à une heure où notre mouvement a rejoint le CNEF avec beaucoup de respect, d’amour et une volonté d’unité. On ne peut pas prétendre aimer le corps de Christ tout en ridiculisant le feu qui l’a fait naître. Quand on a vu ce feu brûler avec intensité, on ne peut que s’inquiéter de voir les braises s’assombrir sous le poids des moqueries et du formalisme.
Je suis le témoin d’une « extinction » progressive. Autrefois, dans nos églises, le parler en langues était l’évidence absolue. C’était une « formalité » spirituelle incontestable : on ne concevait pas de servir Dieu sans que le baptême du Saint-Esprit ne soit manifesté par le signe initial et scripturaire : le parler en langues. C’était notre norme, notre ADN, le sceau visible de la puissance d’en haut.
Aujourd’hui, je fais un constat alarmant : je vois moins de baptêmes dans l’Esprit, plus de blocages, mais surtout une véritable opposition. Des voix s’élèvent aujourd’hui contre le parler en langues au sein même de la famille évangélique. On ne se contente plus de l’ignorer, on le combat, on le freine, on le rejette. Face à cette résistance active, je pose la question : « Mais que s’est-il passé ? »
Pour comprendre cette baisse de température, il faut revenir à la source. L’apôtre Paul nous donne un commandement double :
« N’éteignez pas l’Esprit. Ne méprisez pas les prophéties. » (1 Thessaloniciens 5/19-20)
Notez bien la distinction : le feu de l’Esprit est une œuvre qui commence par cette langue que l’Esprit saisit. La Bible nous enseigne que celui qui parle en langues s’édifie lui-même (1 Corinthiens 14/4). C’est le carburant indispensable de notre vie spirituelle privée.
Soyons clairs et fermes : le parler en langues n’est pas une option, c’est le signe initial du baptême dans le Saint-Esprit. Regardez Actes 10. Comment Pierre a-t-il su que le Saint-Esprit était tombé sur Corneille et sa maison ? La Bible dit :
« Car ils les entendaient parler en langues et magnifier Dieu » (Actes 10/46)
C’est ce signe, et rien d’autre, qui a prouvé à Pierre qu’ils avaient reçu le même don qu’eux. Pierre a compris qu’ils avaient part à la repentance et au salut parce qu’ils parlaient en langues. Sans ce signe, il n’y aurait eu ni baptême d’eau, ni reconnaissance de leur salut par les apôtres !
Si quelqu’un prétend aujourd’hui exercer des dons spirituels sans avoir jamais manifesté le parler en langues, il y a un problème doctrinal majeur. Les apôtres ne l’auraient jamais accepté ! Pour eux, le parler en langues était le sceau d’entrée. Lorsque Paul impose les mains aux disciples d’Éphèse dans Actes 19, que se passe-t-il ? Ils parlent en langues ! C’est systématique. C’est le martèlement de la vérité biblique contre laquelle aucune moquerie, aucune opposition humaine ne peut tenir.
Jésus avait prophétisé ce danger par la parabole des dix vierges. La différence résidait dans la réserve d’huile. L’huile, c’est l’onction. Les vierges folles représentent cette Église qui laisse son feu s’éteindre parce qu’elle a cessé de pratiquer ce qui l’alimente. Le parler en langues est ce remplissage constant qui empêche la lampe de s’éteindre. Celui qui méprise ou combat le parler en langues finit par manquer d’huile, et se retrouve vide au moment où l’Époux arrive.
Pourquoi ce signe est-il délaissé ou ouvertement combattu ? C’est le résultat de doctrines qui éteignent l’Esprit. On utilise une mauvaise interprétation de 1 Corinthiens 14/23 par peur de passer pour des « fous ». On a préféré l’approbation du monde à la démonstration de puissance. On a laissé des courants « intellectuels » s’opposer au Saint-Esprit en expliquant que le parler en langues est facultatif. C’est un mensonge qui tue le mouvement !
Peuple de Dieu, ne laissons pas l’héritage de la Pentecôte devenir une simple théorie ou un sujet de plaisanterie.
Je vous en supplie : ne résistez plus au Saint-Esprit, ne bloquez plus vos langues et ne vous levez pas contre ce que Dieu a établi. Si les apôtres ont exigé ce signe pour reconnaître l’œuvre de Dieu chez les païens, pourquoi voudriez-vous faire autrement ? Revenons à la puissance de la chambre haute !
Que le feu de la Pentecôte ne soit plus un souvenir de mes 40 dernières années, mais que le parler en langues redevienne votre réalité brûlante aujourd’hui même !
Soyez bénis et remplis du feu du Saint-Esprit.
Voici l’article 6 de la confession de foi des Assemblées de Dieu de France.
Article 6 : LE SAINT-ESPRIT
Nous croyons au Saint-Esprit, présence souveraine de Dieu qui a inspiré les prophètes et les apôtres de la Bible. Il demeure dans le croyant pour lui révéler en Jésus, l’envoyé du Père, les vérités de l’Écriture, et pour lui communiquer l’amour, la sagesse et la paix.
Nous croyons que le baptême dans le Saint-Esprit est une promesse pour les chrétiens de tous les siècles ; il est donné par le Père et le Fils, et il est manifesté par le parler en langues comme au jour de la Pentecôte, selon le récit du Nouveau Testament.
Nous croyons que le baptême dans le Saint-Esprit est une grâce qui édifie l’Église dans sa piété, et lui donne une force pour sa mission : annoncer l’Évangile à toutes les nations.
Nous croyons aux dons spirituels (ou charismes) cités dans les Écritures, et que le Saint-Esprit accorde à l’Église, pour secourir et construire sa piété. Nous croyons que les dons du Saint-Esprit doivent être exercés dans l’Église, selon la dignité et l’ordre commandés par le Nouveau Testament. Le baptême dans le Saint-Esprit et les divers dons spirituels laissent les croyants, qui les manifestent, maîtres et responsables d’eux-mêmes ; et ils ne poussent jamais à des extravagances, ni à des comportements ou des enseignements contraires aux Écritures.
Références bibliques : Jean 16/13-15 ; Galates 5/22 ; Actes 2/4-8, et 38-39 ; Actes 1/8 ; 1 Corinthiens 14.
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