Le dessein de Dieu à l’égard d’Israël

Par Joël GALLICE, pasteur retraité à Avignon

N’oublions jamais cette réalité exprimée dans Ésaïe 55/8 :

« Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies, dit l’Éternel. » 

Notre connaissance des choses présentes est bien limitée par rapport à celle de notre rédempteur ! L’apôtre Paul le rappelle, « nous connaissons en partie » (1 Corinthiens 13/9 à 13). Et parce que nous connaissons « en partie », il déclare que le juste « vivra par la foi », et non par des spéculations idéologiques enrobées de fausses théologies. Israël, comme l’Église, sont des mystères. Et ces deux réalités ne sont que trop rationalisées par nos concepts occidentaux !

À l’heure actuelle de nombreux chrétiens sont troublés par les événements qui touchent la nation d’Israël, restaurée depuis 1948, après 1878 ans d’exil au sein des nations. Beaucoup d’informations circulent via les médias, et particulièrement via les réseaux sociaux. L’information a fait place à la propagande humaniste athée et à l’islamisme qui refusent à Israël « son rôle messianique ».

L’adversaire a toujours su employer le mensonge. Pourquoi ? Parce qu’il dit certaines vérités, telles les conséquences de la guerre pour la population de Gaza, en faisant oublier le terrible pogrom du samedi 7 octobre 2023 et le sort cruel des otages (cf. Exode 21/16).

Une propagande parle de génocide, de colonisation et de territoires volés, alors que depuis 1947 les arabes palestiniens ont toujours refusé de « partager le pays ». Et pour cause, depuis la conquête de Jérusalem en 637 par les musulmans, la terre est devenue à leur yeux, « terre d’islam » : elle ne peut pas être à nouveau une terre juive ou chrétienne, ni même laïque.

Du fleuve Jourdain jusqu’à la mer Méditerranée, cette terre doit redevenir terre d’islam car il est impensable que les dhimmis (les non musulmans) dirigent une terre d’islam. C’est aussi pour cette raison que tant que ce territoire a été « terre islamique », il n’y a eu aucune revendication de la part des habitants arabes, notamment pendant la période ottomane. Les troubles ont commencé sous le mandat britannique, ce dernier représentant « l’occident chrétien », comme au temps des croisades.

Les Israéliens sont accusés de tous les maux, des plus abjects aux plus fallacieux, jusqu’à dire qu’ils sont « LE problème de l’humanité ». Ceux qui accusent les Israéliens de colonialisme sont, quant à eux, dans le plus grand programme de colonisation religieuse et politique, puisque leur objectif vise à conquérir le monde par l’islam. Dans ce programme, les non-musulmans seront des sous-citoyens (des dhimmis). Les branches radicales de l’islamisme prévoient un génocide des juifs. Leur slogan est celui-ci : nous commençons par le samedi et nous achèverons par le dimanche… le pogrom du samedi 7 octobre était un prélude. Sans l’intervention inévitable de l’armée israélienne, cette horreur indicible aurait continué.

Accuser Israël d’être un état nazi, c’est aussi l’art de la propagande islamiste inspirée dès les années 1960 par les Soviétiques. Mais l’histoire, elle, est formelle : le grand mufti de Jérusalem a, en son temps, collaboré avec Hitler, et il y a même eu au sein du troisième Reich des unités musulmanes ! Les opposants actuels d’Israël, le Hamas, le Hezbollah, les Houthis, les religieux iraniens, et bien d’autres encore, poursuivent le même but, tant sur le plan militaire, politique que religieux. Il faut que la victime devienne bourreau et que le bourreau devienne victime. Comment aurions-nous réagi si le massacre du 7 octobre avait eu lieu en France, touchant nos propres familles ? La question ne doit pas être éludée.

Maintenant, est-ce à dire que l’état d’Israël doit être exempt de toutes critiques ?

Non, mais les états qui critiquent Israël ont parfois un passé sulfureux, un passé très proche même ! Bien que l’armée d’Israël soit celle qui possède l’éthique la plus élevée au monde, malheureusement il y a toujours des victimes collatérales. Israël a beau crier haut et fort qu’il suffit de la libération des otages par le Hamas pour un cessez-le-feu, les médias occidentaux et orientaux se plaisent à relayer les fausses informations du Hamas, méprisant hautement toutes les communications israéliennes. En décidant « d’un état palestinien », les organismes internationaux élaborent un projet en totale opposition avec les prophéties bibliques. Par cette décision, ils ne s’opposent pas simplement à Israël mais au Dieu d’Israël ! De nombreux textes bibliques confirment ce désir des nations de détruire Israël, s’opposant ainsi au Saint d’Israël (Psaume 2).

Le dessein de Dieu ?

Même les plus sages d’entre les croyants peuvent « au milieu de la tempête obscurcir les desseins divins par des discours sans intelligence » (Job 38/1-2). C’est le cas de la théologie libérale et de son humanisme, qui renient l’infaillibilité des Écritures et qui oublient que

c’est le Seigneur « qui change les temps et les circonstances, qui renverse et qui établit les rois… » (Daniel 2/21).

Mais paradoxalement, notre Dieu, par le libre arbitre octroyé à sa créature, nous permet de faire nos choix, mauvais ou bons.

Certains diront que le Messie est déjà venu et qu’il est surtout impérieux d’attendre son retour, en veillant avec fidélité. Nous ne pouvons qu’approuver cette attitude primordiale ! Poussé à l’extrême, ce comportement s’avère néanmoins égocentrique, et c’est ignorer que le Seigneur Jésus poursuivra son dessein éternel. Il remettra Israël, venu à lui dans des temps de détresse, au premier plan, et ensuite au millénium, avant le rétablissement de toutes choses (Actes 3/19 à 21 et 1 Corinthiens 13/28).

La pensée et l’action de l’antichrist sont à l’œuvre pour, si possible, empêcher le plan du renouvellement de toutes choses. Gardons-nous d’être des ennemis de Dieu en prenant parti contre Israël ! Si quelqu’un connaît bien les péchés commis par les enfants d’Israël, c’est le Seigneur lui-même. Il n’a cessé de les reprendre par les prophètes et de les sanctionner par quatre exils successifs au sein des nations.

Mais c’est aussi ce même Dieu qui a permis leur retour « dans la terre de leurs pères ». Le choix actuel d’Israël de vouloir être une nation occidentale « comme les autres » reste son problème principal, car il doit être une nation sainte (Exode 19/6). Israël a connu Saül, un roi « comme les autres nations »… utilisé néanmoins par l’Éternel pour reprendre une partie du pays promis. David lui succéda, le roi selon le cœur de Dieu, qui non seulement a continué la conquête, mais a réalisé l’unité politique et spirituelle de la nation.

Les évènements, extrêmement douloureux pour Israël, ont provoqué « un retour à la Torah » d’un grand nombre de juifs laïcs, et, pour ceux de la diaspora, le désir de faire leur montée (alyah) en Israël. Ce n’est pas encore la révélation de Jésus comme Messie, mais je le crois, une première étape des promesses faites aux patriarches. L’adversaire fait toujours une œuvre qui le trompe !

Tirons donc leçon du passé puisqu’il faut, dans un premier temps, que la nation soit restaurée, même par le biais de différents « Saül » subissant l’opposition de leurs ennemis. Puis viendra, après encore bien des tribulations, la résurrection spirituelle de la nation avec le grand David, Jésus, qui apparaîtra pour le salut du « reste d’Israël ».

Gardons-nous du poison de l’antisémitisme et de l’antisionisme, et surtout intercédons pour le salut, en Jésus, d’Israël et aussi de ses ennemis !

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