Le réveil de la Pentecôte peut-il être maintenu ?

Par Donald GEE, Pentecôte juin 1974.

Je désire voir avec vous à travers le livre des Actes les principes par lesquels un réveil fut maintenu. Il est intéressant de constater que ce livre couvre une période de trente ans. Nous voyons qu’à la fin de ce temps, l’Esprit était encore répandu. Le dernier chapitre nous parle de maladies qui étaient guéries et d’un glorieux réveil. Je suis heureux que Dieu puisse maintenir un réveil indéfiniment. Je ne suis pas de ceux qui croient que ce réveil de Pentecôte doit inévitablement prendre le même chemin que les autres réveils. Je crois qu’il peut durer si – mais il y a quelques gros « si » et je désire vous en parler.

Une génération est passée et la question se pose maintenant : « Ce réveil peut-il se maintenir ? » Les anciens du début passent, rappelés à Dieu. La vieille génération s’en va et dans le monde entier, des frères qui pensent sérieusement, se demandent : « l’histoire doit-elle se répéter ? Ce réveil doit-il disparaître comme les autres ? »

Dans le livre des Actes, il y a l’explication du maintien de ce glorieux Mouvement de l’Esprit au premier siècle.

La hardiesse

Lorsqu’ils virent l’assurance de Jean… (Actes 4 : 13, 29, 31). La première menace contre ce grand réveil fut la persécution mais grâce soit rendue à Dieu, ils l’affrontèrent avec une sainte, céleste hardiesse pentecôtiste. Quelle est merveilleuse la note de cette prière du verset 29 ! Elle m’émeut toujours. Lorsqu’ils n’avaient devant eux que des menaces de mort et de désastre, ils ne priaient pas pour la délivrance. Ils ne disaient pas : « Oh ! Seigneur, cache-nous dans un coin, ne leur permet pas de nous trouver. » Non, ils ne priaient pas ainsi, mais ils disaient : « Envoie-nous davantage de puissance, afin que le diable soit ébranlé plus que jamais – Donne à tes serviteurs d’annoncer ta parole avec une pleine assurance (« hardiesse ») !

Ils étaient fermes dans leurs actions et sans compromis dans leurs paroles et leur doctrine. Frères et sœurs, si ce réveil doit continuer en puissance, nous ne devons abandonner aucune des choses que le Seigneur nous a confiées dans notre témoignage. Que Dieu nous aide à être hardis d’une manière absolue dans les choses qu’Il nous a données au début de ce réveil, sans compromis en ce qui concerne les manifestations de l’Esprit Saint et sans chercher à capter la bienveillance des foules. Que le Seigneur nous garde de laisser de côté quoi que ce fut pour obtenir un peu de ce qu’on appelle prestige. Qu’il nous rende hardis en ce qui concerne notre témoignage. C’est l’une des choses essentielles pour le maintien du réveil. Dieu garde la Pentecôte pentecôtiste !

La pureté

Le réveil fut maintenu parce qu’ils conservaient la pureté dans leurs rangs. … Une grande crainte s’empara de toute l’assemblée… (Actes 5 : 11). La seconde menace ne venait pas du dehors mais du dedans et il en sera toujours ainsi. Nos plus grandes sources de chute sont à l’intérieur et les menaces ne viennent plus du dehors. Je n’ai pas peur des pamphlets que nos ennemis écrivent. Ils en ont écrit depuis longtemps et cette assemblée témoigne de leur peu d’efficacité. Vous pourriez aussi bien essayer d’arrêter le Niagara que d’empêcher la Pentecôte. Dieu est là ! Je ne tiens pas à perdre mon temps pour défendre la Pentecôte.

J’éprouve le même sentiment que ressentait Spurgeon lorsqu’on lui demandait d’écrire quelque chose pour défendre la Bible.

« La Bible, disait-il, est un lion, laissez-la, elle se défendra toute seule. »

Je ne suis pas ennuyé des attaques extérieures contre ce Mouvement, mais je le suis au sujet de celles de l’intérieur. Un grand réveil, qui excite l’enthousiasme et apporte des bénédictions, attire dans l’assemblée des multitudes très mélangées, nous le savons tous. Quelle foule nous avons toujours dans les grands enthousiasmes, quand il y a une grande campagne de Réveil et surtout quand il plait au Seigneur de manifester sa puissance dans la guérison divine ! Quelle foule nous avons alors ! Grâces Lui soient rendues, nous avons eu des foules dans ce Réveil. Mais ne nous trompons pas, cette grande multitude qui vient dans l’enthousiasme du moment, apporte sa propre menace avec elle, c’est le deuxième danger auquel il faut faire face. N’en soyons pas surpris.

Pas d’illusions

L’une des choses qui me charment dans le Seigneur Jésus, c’est qu’Il comprend si bien toutes les situations. Il ne se faisait aucune illusion sur les immenses foules qui l’entouraient. Pas un seul instant il ne pensa que tous les cœurs qui recevaient sa Parole étaient du bon terrain et il savait qu’une partie seulement de cette multitude porterait des fruits. De même nous devons le reconnaître. Que Dieu nous garde de nous courber devant l’idole de la psychologie des masses. Un Réveil n’est pas toujours une grande foule. Vous pouvez avoir un glorieux Réveil avec peu de personnes parce qu’un vrai Réveil va plus profond que ces choses. Il n’est pas soutenu par la « quantité » mais par la qualité. Il faut se le dire encore et encore. N’adorons pas la « quantité » c’est la qualité qui compte et la qualité finale dira si ce Réveil continuera ou si Dieu en lèvera un autre. Que le Seigneur nous donne la passion de la qualité. L’église primitive était menacée par l’hypocrisie d’Ananias et de Saphira. Ce qui amena la colère de Dieu contre ceux-ci, c’est que leur consécration n’était pas sincère, car Pierre dit à Ananias, au sujet de la propriété qu’ils avaient vendue : « S’il n’eût pas été vendu, ne te restait-il pas ? Et après qu’il a été vendu, le prix n’était-il pas à ta disposition ?… Ce n’est pas aux hommes que tu as menti, mais à Dieu. » Ce n’était pas parce que Ananias avait gardé une partie de l’argent que Dieu était irrité contre lui, mais parce qu’il avait menti et prétendait être consacré alors qu’il ne l’était pas. Que Dieu nous préserve de vouloir paraître ce que nous ne sommes pas; de paraître pleinement consacrés et de ne pas l’être du tout. Pour le maintien du Réveil, nous devons avoir parmi nous un idéal élevé de pureté et de sainteté. C’est pourquoi j’ai demandé à Dieu de nous donner beaucoup de merveilleuse « qualité » dans notre vie spirituelle.

Des structures

La troisième chose qui menaça l’église se manifesta lorsque les juifs grecs murmurèrent contre les juifs hébreux. Les apôtres firent face au danger et assurèrent la continuation du Réveil en instituant une structure. Si je disais cela dans certains endroits, on voudrait me mettre dehors. Mais Dieu m’a montré que rien dans le gouvernement divin ne peut éteindre l’Esprit. Dieu a béni ce mouvement quand nous avons reconnu l’importance des structures (1 Cor. 12 : 28). J’ai été élevé avec la pensée que toute organisation, tout gouvernement est charnel. Je suis heureux que Dieu m’ait ouvert les yeux et m’ait montré les choses autrement. Les apôtres ont surmonté les difficultés en établissant sept hommes pour les soins matériels de l’église tandis qu’eux-mêmes s’adonnaient sans cesse à la prière et à la prédication de la parole. Le résultat est visible :

« La Parole de Dieu se répandait de plus en plus, le nombre des disciples augmentait beaucoup à Jérusalem, et une grande foule de sacrificateurs obéissaient à la foi. Etienne plein de grâce et de puissance, faisait des prodiges et de grands miracles parmi le peuple. »

Agir en fonction des besoins

​ La troisième crise, périlleuse pour la continuité du Réveil dans l’église primitive fut amenée par l’augmentation du nombre des disciples. Quand nous grandissons, nous allons au-devant de troubles ; mais grâces soient rendues à Dieu, nous pouvons grandir d’une manière saine et céleste si, dans chaque situation spéciale nous agissons loyalement dans la crainte de Dieu. Lors d’une visite à ma chère mère, celle-ci alla sortir d’un tiroir où elle garde ses trésors, une paire de souliers de bébé : « Regarde Donald, me dit-elle, ce sont les souliers que tu portais le jour de ton troisième anniversaire ; tu étais joli à ce moment-là. » Certaines personnes sortent toujours « le bon vieux temps » quand nous avions trois ans, elles nous montrent nos souliers de bébé et nous disent « Oh ! vous étiez joli alors ! » Peut-être l’étions-nous ; mais je suis bien heureux que nous ayons grandi un peu. Nous avons en effet grandi depuis, mais parce que le nombre des disciples s’est multiplié, nous nous trouvons devant des problèmes qui n’existaient pas alors, mais je suis content de nos problèmes, content pour nos difficultés. Ils sont le signe que Dieu nous bénit et nous donne une croissance constante et saine. De là vient le besoin d’une organisation. Considérons la chose de bonne foi et carrément. Quand le besoin s’en est fait sentir dans leur église, les apôtres n’ont pas dit : « prions pour cela » et n’ont pas laissé aller les choses. Je connais des gens qui, chaque fois que les troubles arrivent, prennent des airs de saints et disent « Prions à ce sujet. » Il y a des moments où nous avons quelque chose à faire nous-mêmes et où il faut parler de ce qui va mal. Comprenez-moi bien. les apôtres ne négligeaient pas la prière mais n’ont pas non plus négligé les conseils. Bien sûr, il y a d’autres gens qui ne prient pas et qui diraient volontiers : « Prêchons sur ce sujet. » Je crois fermement et cela de plus en plus à la valeur des « conférences » et je suis heureux qu’il y ait une conférence internationale. Je suis convaincu que Dieu nous bénit quand nous nous rencontrons pour délibérer sur les problèmes que nous avons tous. Néanmoins, laissez-moi donner un avertissement. Quand le besoin se fait sentir et que nous organisons, que Dieu nous préserve de le faire au-delà de ce qui est nécessaire. Nous sommes tous différents les uns des autres. Quelques-uns sont poètes, d’autres ne le sont pas. Certains sont musiciens, d’autres sont ministres; il y en a qui ne peuvent supporter les affaires tandis que d’autres s’y complaisent. Il y en a parmi nous qui ne sont heureux que lorsqu’ils ont à débattre un point obscur de procédure parlementaire. Mes frères qui aimez l’organisation, les affaires, les lois parlementaires, je veux vous dire qu’il y a des moments où nous avons besoin de vous mettre une chaîne et de vous garder enchainés, parce qu’un danger mortel est à éviter. Beaucoup de nos problèmes sont des problèmes spirituels qui ne peuvent être résolus que par des remèdes spirituels. Prenons garde d’organiser au-delà de la nécessité.

La direction de l’Esprit

Les chapitres 6 et 15 des Actes sont sans doute les plus importants que nous puissions étudier dans une réunion comme celle-ci. Nous voyons que les disciples avaient une direction spirituelle. Quand la crise se manifesta, la direction était là et Dieu nous donne la direction. Il y a une grande différence entre « direction » et « dictature ». Je ne crois pas que l’Eglise de Dieu soit gouvernée par la queue mais par la tête et nous ne voulons pas de conducteur de l’arrière-banc. Si le réveil est maintenu, nous aurons une direction et de l’ordre.

La vision

Enfin, il nous faut la vision. L’un des dangers les plus mortels que rencontre tout Réveil, toute assemblée locale et tout ministre, c’est celui de s’installer « confortablement » dans le Réveil acquis. Ne restons pas stationnaires. J’aime le chapitre 10 des Actes. C’est la première histoire de la Pentecôte chez les Gentils et je suis heureux que ce ne soit pas la dernière. l’appel pour nous est toujours : « Allez par tout le monde et prêchez l’Evangile à toute créature. » Que Dieu nous garde de devenir confortablement assis. Le Seigneur sait que j’ai failli le faire dans la plus charmante assemblée du monde à Edimbourg. Maintenant je vis entre deux valises, je transporte une machine à écrire et je suis immensément heureux. Que Dieu préserve la Pentecôte de devenir « confortable » ! Tous nous devrions avoir la vision ; il n’y a pas de plus beau mot. La vision des champs blancs de la moisson, qui nous jette à genoux. La vision qui nous fait jeûner et prier jusqu’à ce que le Saint-Esprit dise : « Séparez-moi Barnabas et Saul pour l’œuvre à laquelle je les ai appelés. » La vision que ce message de la Pentecôte sera « prêché à toutes les créatures qui sont sous le ciel. » (Col. 1 /23).

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