Les écrans sont-ils mauvais pour nos enfants ?

Par Florence SAUL, coach parental et fondatrice de Parent-mission.fr

En tant que parents, il est facile de se sentir dépassé par les écrans. Téléviseur, ordinateur, tablette, console, téléphone…

Les supports sont multiples, les contenus variés, et la gestion du temps passé devient un véritable défi.

Derrière cela, des craintes bien légitimes : dépendance, isolement, cyberharcèlement, mauvaises rencontres. Ce climat d’inquiétude provoque parfois anxiété, conflits, ou à l’inverse un certain découragement parental.

Même pour nous adultes, gérer notre propre rapport aux écrans est difficile. Ainsi, quand il s’agit de poser un cadre pour nos enfants, les attentes peuvent devenir irréalistes. Mais alors, comment les accompagner sereinement, sans tomber dans la diabolisation ?

Les écrans sont mauvais en soi ?

Un jour, en regardant un couteau, je me suis fait cette réflexion : cet outil peut servir à cuisiner, trancher, ciseler, sculpter… ou blesser.

Pour les écrans, c’est un peu pareil. Ils peuvent être de formidables vecteurs de bénédiction : diffuser l’Évangile, apprendre, créer, écouter de la musique, rester en lien avec des proches à l’autre bout du monde. Ils peuvent aussi être des outils d’expression, de découverte et d’encouragement.

Mais comme tout outil puissant, leur mauvais usage peut avoir des conséquences : propagation de la pornographie, arnaques, manipulations de l’attention (dark patterns – interfaces truquées, algorithmes et scrolling, pour orienter les choix), cyberharcèlement, fake news, idéologies nocives…

Alors, faut-il rejeter les écrans ? Je crois plutôt qu’il faut interroger notre usage.  À quoi me sert cet outil ?  Qui décide : moi, ou l’outil lui-même ?

Tout m’est permis, mais tout n’est pas utile ; tout m’est permis, mais je ne me laisserai pas asservir par quoi que ce soit.” (1 Corinthiens 6/12)

Comment protéger nos enfants et nos jeunes ?

Sur le plan légal, il existe peu d’interdits stricts. Il y a des recommandations d’usage selon l’âge, mais les enfants sont souvent habiles pour contourner les règles.

Heureusement, de nombreuses ressources existent pour nous aider à comprendre les enjeux, rester informés et guider nos enfants avec discernement.

Le but n’est pas de contrôler à tout prix, mais de leur transmettre nos valeurs, de leur montrer comment faire des choix responsables, et développer leur autonomie. En somme, leur apprendre à se servir des écrans… sans en devenir esclaves.

Instruis l’enfant selon la voie qu’il doit suivre ; Et quand il sera vieux, il ne s’en détournera pas.” (Proverbes 22/6)

Mais que se passe-t-il entre l’enfance et la vieillesse ? L’enfant devient adolescent, puis jeune adulte. Et c’est là tout l’enjeu : savoir lâcher progressivement, sans couper la relation.

Parfois leurs choix diffèrent des nôtres, ce qui peut être source d’inquiétude, voire de douleur. Mais nos enfants ne nous appartiennent pas. Nous sommes appelés à les guider, pas à les contrôler.

Cadre ou liberté ? Trouver l’équilibre

J’ai vu des familles avec très peu de règles, où tout se passe bien. D’autres, avec des règles strictes, mais où les tensions sont constantes. Il n’y a pas une seule bonne réponse. Chaque famille est différente, chaque enfant aussi.

Mais attention, trop de liberté sans accompagnement peut conduire à l’addiction. Trop de rigidité sans dialogue peut engendrer des mensonges.

La clé réside dans la conscience de ses valeurs et limites, et dans la cohérence : poser des limites claires, en expliquant pourquoi, en accord avec vos propres valeurs. Et surtout, ménager un espace de discussion pour ajuster les règles au fil du temps.

Ce que vous tolérez, ce qui est négociable, ce qui ne l’est pas : soyez au clair avec vous-même d’abord. Cela rendra la communication bien plus simple et constructive.

Quelques pistes de réflexion

Voici quelques questions à vous poser :

  • Que fait concrètement mon enfant sur les écrans ?

  • Me suis-je intéressé(e) à ce qu’il aime ?

  • Qu’est-ce qui me dérange vraiment ? Le contenu ? La durée ? Le moment ?

  • Qu’aimerais-je à la place ?

  • Si j’étais à sa place, comment aimerais-je qu’on m’en parle ?

  • A-t-il une vie équilibrée, avec d’autres activités ?

  • Et moi, quel exemple est-ce que je lui donne ?

Et spirituellement ?

Demandons à Dieu de nous donner sagesse et discernement. Chaque situation est unique, chaque enfant a ses défis, ses fragilités, ses forces. Le Saint-Esprit est notre meilleur conseiller.

Soyons des parents vigilants, mais surtout connectés à leurs cœurs. Protégeons la relation avant de vouloir contrôler les comportements. Les saisons changent, mais l’amour et la bienveillance demeurent nos meilleurs outils.

« Si quelqu’un d’entre vous manque de sagesse, qu’il la demande à Dieu… »
(Jacques 1/5)

Soyez bénis abondamment.


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