Par Benjamin GABELLE, prédicateur dans l’assemblée de Wasselonne (67)
Ce que la Bible dit :
« Après avoir entendu ce discours, ils eurent le cœur vivement touché et ils dirent à Pierre et aux apôtres : hommes frères, que ferons-nous ? »
Ce que la Bible ne dit pas :
« Après avoir entendu ce discours, ils eurent le cœur vivement attendri et ils dirent à Pierre et aux apôtres : hommes frères, que ferons-nous ? »
C’est la Pentecôte, le Saint-Esprit descend sur les disciples, et il commence à y avoir du remue-ménage. Les gens sont étonnés, s’approchent et questionnent. Pierre prend alors la parole et prêche courtement ; il parle de Jésus, de sa vie, sa mort, sa résurrection et de l’accomplissement des prophéties. Un message simple qui aura un impact durable : les auditeurs « eurent le cœur vivement touché ».
N’est-ce pas là le désir de tout prédicateur ?
Avant de chercher à porter un tel fruit dans la vie des autres, étudions ce que ce vif attouchement représente réellement. Dans le grec, c’est le mot katanusso qui est utilisé et cela veut dire : piquer, percer ou transpercer. Métaphoriquement, cela représente une forte peine de l’esprit, une agitation violente ou une émotion de douleur. C’est tout de suite plus clair. Nous sommes loin d’un état de grâce particulier, d’émotion contemplative ou d’extase paisible (Luc 8/13). Le sentiment dont la Bible parle ici est négatif, sombre et traumatisant. Voici donc pourquoi les gens se précipitent pour demander aux apôtres la marche à suivre pour sortir de cet état : « Que ferons-nous ? » L’exposé de la vérité vivante les projette dans un terrible constat : ils sont séparés de Dieu.
C’est ainsi que commence la vie chrétienne : une profonde conviction de péché qui nous dévoile à quel point nous sommes éloignés de Dieu, ennemis et méritant sa colère. La profondeur de la peine ressentie à cet instant n’a d’égale que la profondeur de la joie que le Sauveur nous propose à la place. Pour vraiment entrer dans une compréhension profonde de la vie nouvelle que nous pouvons vivre avec Christ, il nous faut comprendre l’épaisseur des ténèbres dont il nous sort, et cela ne se fait pas avec quelques larmes et un frisson. Passer trop vite cet instant de bascule, ou le confondre avec une exaltation sentimentale, est un grave danger. Nous prenons le risque de nous dire sauvés avant même d’avoir compris que nous étions perdus.
La conversion débute par une conviction de péché (Jean 16/8) qui transperce le cœur de part en part et qui ne peut susciter qu’un appel à l’aide. Ô merveille, la Bible nous dit que lorsqu’un malheureux crie, l’Éternel l’entend (Psaumes 34/6), et l’aventure commence. La réponse de Pierre est d’une simplicité biblique et résume le message de Jésus :
« Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés ; et vous recevrez le don du Saint-Esprit. » (Actes 2/38)
Finalement, la vie d’un homme doit se diviser en deux périodes :
-La première durant laquelle il doit comprendre, accepter et croire à quel point il est loin de Dieu ;
-La seconde durant laquelle il doit comprendre, accepter et croire à quel point il est en Dieu.
Le point de bascule convainc et sauve, il a pour nom Jésus. Le salut est gratuit pour les hommes, mais un prix a tout de même été payé. Acceptons avec humilité d’avoir le cœur vivement touché lorsque cette victoire vient s’accomplir dans notre vie, afin de témoigner de l’incroyable combat spirituel qui a été remporté il y a deux millénaires en Israël.
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