[Édito Juin 2026] Réveille-toi, toi qui dors !

Par David MASTRIFORTI, rédacteur en chef de Pentecôte

Le monde tangue. Les certitudes s’effritent. Le confort d’hier devient l’angoisse d’aujourd’hui. Guerres, crises économiques, bouleversements climatiques, mutations technologiques : tout semble rappeler à l’humanité sa fragilité. Dans ce vacillement global, une question essentielle surgit au cœur de la foi : sommes-nous prêts ? Non pas prêts à fuir, mais prêts à tenir ; non pas repliés dans la peur, mais éveillés à l’espérance.

L’Écriture, lucide et prophétique, ne nous a jamais promis la stabilité du monde, mais elle nous appelle à la vigilance du cœur.

« Réveille-toi, toi qui dors, relève-toi d’entre les morts, et Christ t’éclairera. » (Éphésiens 5/14)

disait l’apôtre.

Le réveil auquel elle convie n’est pas celui du survivaliste armé de réserves et de méfiance, mais celui du veilleur spirituel, attentif aux signes des temps, enraciné dans la confiance.

Car les bunkers ne sauveront personne de la peur, si le cœur demeure sans paix. À l’inverse, le croyant vigilant, même au milieu du tumulte, devient un repère : il prie, il aide, il témoigne. Dans ce monde instable, il devient, par sa simple fidélité, un phare pour ceux qui ne savent plus où regarder.

L’Église, aujourd’hui, a vocation à redevenir ce lieu d’entraide, de discernement et de formation spirituelle qui prépare les hommes et les femmes à traverser les tempêtes. Elle n’est pas un sanctuaire isolé du chaos, mais une maison bâtie sur le roc. En ces temps d’incertitude, nos communautés sont appelées à devenir des citadelles de paix et d’espérance agissante.

Être prêt, ce n’est donc pas attendre la fin du monde, mais accueillir chaque jour comme le champ d’une promesse. C’est s’exercer à la vigilance sans céder à l’anxiété, discerner les signes prophétiques sans perdre de vue la grâce du présent, transmettre aux enfants non pas la peur de demain, mais la solidité d’une foi qui espère encore.

Ce mois-ci, Pentecôte ouvre les yeux et les cœurs : Dieu n’a pas quitté notre monde instable — il le traverse avec nous. Il éveille ses sentinelles, ranime les consciences et fait de l’Église une lumière dans la nuit. Se préparer, c’est répondre à cet appel. C’est dire d’une voix claire et apaisée : le Seigneur vient, et nous voulons être trouvés debout.

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