Action missionnaire : Exhortation à la fermeté dans la foi

Par Michel et Caroline PAGA, missionnaires au Vietnam

“Ainsi donc, frères, nous avons, au moyen du sang de Jésus, une libre entrée dans le sanctuaire par la route nouvelle et vivante qu’il a inaugurée pour nous au travers du voile, c’est-à-dire de sa chair, et nous avons un souverain sacrificateur établi sur la maison de Dieu ;  approchons-nous donc avec un cœur sincère, dans la plénitude de la foi, les cœurs purifiés d’une mauvaise conscience, et le corps lavé d’une eau pure. Retenons fermement la profession de notre espérance, car celui qui a fait la promesse est fidèle.” (Hébreux 10/19-23)

La communauté messianique juive du Ier siècle, qui était le premier destinataire de la lettre, se trouvait face à de multiples défis. Le pouvoir romain souhaitait être adoré comme Dieu et il a parfois chassé les Juifs de leurs communautés. Les problèmes surgissaient également au sein même de leur propre communauté, cette dernière les rejetant à cause de leur foi en Jésus le Messie, ce qui leur a valu la persécution, le rejet, la perte de l’emploi, de l’héritage, la moquerie et même la mort. Les Juifs messianiques ont mis la riche tradition des pères en deuxième position. Ils l’ont considérée comme obsolète, ce qui a provoqué la colère et les accusations de leur propre peuple.

L’auteur de l’épître aux Hébreux met Christ en face des anges, de Moïse, des sacrificateurs, de la loi, des sacrifices et des rituels du temple, et en face de tout ce que les Juifs tenaient en haute importance. Quelques Juifs messianiques étaient tentés d’y revenir, pour éviter les difficultés.

Ce contexte est bien présent dans nos sociétés. Les tensions existent entre les peuples d’origines différentes, ainsi que la menace de la communauté dont on quitte les croyances et les traditions. Alors on a besoin du même encouragement pour garder l’audace de la foi et la confession de notre espérance : Jésus.

Aucune tradition, aucune culture, aucune religion, aucune œuvre méritoire ne nous donne l’accès à la communion avec Dieu, brisée par le péché. Pour manifester cette vérité, Dieu avait ordonné de fabriquer un voile solide dans le temple, pour séparer le lieu très saint de la place commune. Ce voile était en même temps un obstacle, une protection et une opportunité. Personne ne pouvait aller derrière le voile, dans la présence du Dieu saint, sauf le grand prêtre une fois par an. Le voile avait deux côtés, comme tous les voiles : un côté vers Dieu et l’autre côté vers les hommes. Pourtant c’était le même voile ! L’auteur compare ce voile à Jésus-Christ, qui est en même temps Dieu et homme. En Jésus, Dieu s’est tourné vers nous, les hommes.

Quand Jésus a été mis sur la croix, il a versé son sang et il a donné sa vie. Tout comme son corps a été déchiré, le voile du temple l’a été également. L’accès a été ouvert, le nouveau chemin a été frayé dans la présence de Dieu. Le ciel a été ouvert, à tous sans exception. L’apôtre nous exhorte à emprunter ce chemin et y rester, car c’est dans la présence de Dieu que nous sommes fortifiés. C’est alors que nous voyons les gens autour de nous à la lumière de Dieu et avec sa compassion. Ainsi nous pouvons répondre à son appel pour être témoins de Jésus au près et au loin, car il veut qu’aucun ne périsse. Il ne veut pas que nous restions stériles dans la foi.

Le tentateur est l’Accusateur, un ange déchu dont nous pouvons et devons ignorer la voix, grâce à l’œuvre parfaitement accomplie par Jésus-Christ. En écoutant cette voix, nous ne professons pas la confession de notre espérance et nous n’entrons pas dans le lieu saint avec assurance. Cette voix soupire pourtant tôt ou tard aux oreilles de chaque enfant de Dieu, comme cela a été le cas avec notre Seigneur dans le désert.

Jésus nous appelle à le suivre, comme il a suivi l’appel du Père dans le monde. Il est resté constamment en communion avec le Père, comme le côté intérieur du voile était sans cesse tourné vers le lieu très saint. Mais Jésus était aussi en contact avec le monde, avec les pécheurs comme nous, pour nous trouver, nous transformer, pour communiquer une grâce particulière à nos besoins, ce qui représente le côté extérieur du voile.

En le suivant, nous devrions opter pour la même position. Gardons la communion avec le Père par le Saint-Esprit, et entrons par le nouveau chemin que Jésus a tracé. Mais nous ne pouvons pas fuir la responsabilité et la réalité, comme le voile à deux faces. Dieu nous appelle à être des ambassadeurs de son royaume auprès des hommes et des femmes de ce monde. Retenons fermement la profession de notre espérance, le témoignage de Christ pour lequel le Saint-Esprit nous a oints !

Il y a des éléments qui tentent de nous décourager, d’où le mot “fermement”, et certaines versions ajoutent encore au verset 23 : “sans fléchir”. La raison en est que Jésus-Christ qui a fait la promesse est fidèle. Il est souverain sacrificateur, et il prie pour nous !

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