Mission Israël-Cisjordanie

Deux pasteurs de l’AEP se sont récemment rendus en Israël pour rencontrer nos partenaires sur place. Ils nous partagent leur expérience et les constats spirituels et humains de cette mission.

Une mission au goût étrange

Après plus de deux années de guerre, une question s’est imposée à nous : comment les chrétiens de part et d’autre des frontières vivent-ils aujourd’hui, et comment leur foi résiste-t-elle à l’épreuve ?

Au fil de notre parcours, les rencontres ont été marquées par une forte charge émotionnelle. Du nord au sud, de l’est à l’ouest, personne n’a été épargné. Les témoignages recueillis parlent de souffrances profondes, mais aussi d’une présence fidèle de Dieu, apportant consolation, espérance et parfois même des interventions que beaucoup qualifient de miraculeuses.

Parmi nos frères et sœurs juifs messianiques, dont le nombre est estimé entre 30 000 et 60 000, les réalités sont contrastées. Certains peuvent exprimer librement leur foi, tandis que d’autres choisissent la discrétion par crainte de pressions ou de représailles de la part de milieux orthodoxes. La persécution des Juifs chrétiens reste peu médiatisée, bien qu’elle soit réelle, constante et parfois violente.

Dans ce contexte, l’Église poursuit néanmoins son œuvre. Des responsables sont formés, et des initiatives voient le jour, y compris en direction des populations druzes. L’AEP accompagne ces frères et sœurs engagés, animés par le désir de partager leur foi malgré les difficultés.
La guerre a plongé de nombreuses familles dans le deuil. Pourtant, leur volonté de continuer à témoigner de l’Évangile force le respect. Plusieurs relatent comment Dieu s’est révélé à eux à travers des songes et des rêves, pour avertir, consoler et affermir leur foi. Bien que l’effort de guerre pèse lourdement sur la vie quotidienne, les croyants persévèrent dans l’annonce de Jésus-Christ.

Du côté des chrétiens des territoires palestiniens et des Arabes israéliens, la situation est également préoccupante. En Israël, certains ont cessé de fréquenter les églises par peur de représailles, ce qui a conduit à un isolement spirituel. Un travail pastoral est en cours afin de leur permettre de renouer avec la vie communautaire.

En Cisjordanie, de nombreux croyants ont quitté le pays, craignant pour leur sécurité. Alors qu’il y a quelques années encore, les chrétiens représentaient environ 7 % de la population, ils ne sont aujourd’hui plus qu’environ 1 %. Déjà fragilisées économiquement avant le conflit, les églises font désormais face à une pauvreté accrue, rendant la situation des familles encore plus précaire.

Face à ces réalités, l’AEP s’efforce d’apporter une aide concrète aux familles et aux enfants, répondant aux besoins les plus urgents.

De part et d’autre des frontières, notre engagement demeure le même : servir l’Église de Jésus-Christ, convaincus que Dieu seul peut apporter une paix durable dans les cœurs. Sans distinction, nous choisissons d’agir auprès de ceux qui souffrent, en nous souvenant de l’exhortation de l’apôtre Paul :

“Pendant que nous en avons l’occasion, pratiquons le bien envers tous, et surtout envers les frères en la foi.” (Galates 6/10)

Quels sont les défis de demain pour les chrétiens de cette région du monde ?

Continuons de prier afin que les croyants, quelles que soient leur origine ou leur nation, trouvent la force de surmonter la peur, la détresse et l’angoisse, et qu’ils puissent faire entendre d’une seule voix celle du Bon Berger. Le chemin reste long, mais Dieu demeure celui qui guérit les cœurs brisés.

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