Culte du Moi versus culte de YHWH ou le défi de la vraie adoration !

Introduction

Avec l’avènement des réseaux sociaux (Instagram, Facebook, YouTube…), où le selfie devient un mode de vie, où le moindre défaut est « photoshopé », cette question semble véritablement brulante d’actualité. On pourrait penser qu’elle est très contemporaine, que ces interrogations ne se posaient pas autrefois…

Cependant, après un rapide tour d’horizon biblique, on se rend compte que le conflit « culte du Moi versus culte de Dieu », a toujours existé dans la pensée de l’Homme, et ce, depuis la nuit des temps.

  • Avant l’existence des êtres humains, le « fils de l’aurore » qui, d’après plusieurs commentateurs, serait le diable, disait en son cœur : « Je monterai au ciel, J’élèverai mon trône au-dessus des étoiles de Dieu ; Je m’assiérai sur la montagne de l’assemblée, À l’extrémité du septentrion ;Je monterai sur le sommet des nues, Je serai semblable au Très-Haut ».  (Ésaïe 14/13-14).
  • Ève et Adam décidèrent d’écouter les mensonges du diable en consommant le fruit de l’arbre défendu : « Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et que vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. » (Genèse 3/5).
  • La première société humaine voulut se faire un nom en s’érigeant au-dessus de Dieu par la construction d’une tour qui toucherait le ciel sans son aide ! (Genèse 11/4).

Quelles que soient leurs origines, les créatures de Dieu sont tentées par le remplacement de l’adoration de Dieu au profit de leur propre adoration, voire de l’adoration de leur propre organisation. C’est cette pensée de révolte envers le créateur qui traversa l’esprit du roi Nebucadnetsar. Il voulait par le symbole de la statue érigée dans la plaine, organiser un rassemblement des peuples autour d’une effigie à adorer. Il voulait qu’on adore sa personne plutôt que celle de Dieu. Il voulait défier les temps en démontrant aux yeux du monde que son règne et sa civilisation seraient perpétuels !

Souvenez-vous que plus tard Jésus insista auprès la Samaritaine : le Père demande de vrais adorateurs qui « adorent en esprit et en vérité ». (Jean 4/23-24).

Et nous, sommes-nous ce type d’adorateurs, qui adorent en esprit et en vérité ?

I. Le culte du MOI

Pour résumer ce premier point, Daniel 3/1-18, nous présente une société constituée de faux adorateurs qui voit la mise en place d’une fausse adoration, autour d’un faux objet d’adoration.

  • L’objet de la fausse adoration : la statue (en or, parfaite et sans défaut)
  • Elle représente le roi Nebucadnetsar : il n’y a pas de doute, le roi dans sa mégalomanie désire qu’on lui voue un culte. C’est une provocation de plus qui poussera Dieu à l’humilier afin de se révéler à son cœur (Daniel 4).
  • Elle représente un idéal humain : la statue est faite selon les codes humains de la beauté.
    • Elle est grande et imposante. D’après les découvertes archéologiques de l’art néo-babylonien, on peut imaginer une statue parfaite, réellement superbe.
    • Elle est toute en or : jamais un matériau n’a rivalisé avec l’or. Ne parle-t-on pas « d’âge d’or » pour parler du rayonnement, de l’apogée culturelle d’une civilisation ?
    • Moulée puis certainement nettoyée par les artistes de toutes ses scories : la statue était sans défaut. Elle rappelle ces corps « photoshopés » presque artificialisés que l’on présente sur les profils des réseaux sociaux.
    • Elle frappe les regards, il faut imaginer l’impression que donnait dans cette plaine cette grande statue dorée en plein soleil.

Aujourd’hui encore, l’idéal humain fait rêver : on parle du corps parfait, du mari parfait, de la famille parfaite… J’aimerais quand même vous alerter sur l’illusion de l’idéal humain. Rappelons-nous qu’à cause du péché qui est attaché à nous[1], nous ne serons jamais parfaits, et que même notre idéal de perfection est corrompu à cause de notre intelligence voilée. Rappelons aussi que le vieillissement[2], conséquence du péché originel, est le lot de tous. Il est donc important de nous reposer sur Dieu pour vivre le contentement[3] dans l’espérance[4].

  • Elle représente le royaume de Babylone

Contrairement au songe de Daniel 2, Nebucadnetsar désire créer une statue d’un seul matériau : l’or. C’est le matériau le plus précieux, qui est très représentatif de la gloire humaine (usurpée à la gloire de Dieu[5]). Ce matériau unique symbolise aussi dans la pensée du souverain son désir du règne infini de sa civilisation. Doit-on y voir ici une provocation à l’Éternel ? N’est-ce pas à Dieu de définir les limites du règne des civilisations, n’est-ce pas à lui qu’appartient le règne éternel ? Fondu « dans un seul moule »[6], elle symbolise aussi l’unité humaine non pas dans la complémentarité[7], mais dans l’uniformité. C’est le règne de la pensée unique, tournée fanatiquement vers son despote.

  • Elle représente un idéal de société humaine. Depuis la nuit des temps l’homme court après une société idéale[8], nostalgique certainement du paradis perdu ! L’histoire nous montre qu’après la découverte du « Nouveau monde[9]« , les hommes ont bâti la « Nouvelle-Écosse », la « Nouvelle-Orléans », « Terre neuve »… Mais force est de constater que ce qui devait être neuf et nouveau s’est très vite retrouvé « flétri » comme le vieux monde.
  • La fausse adoration

« Fausse » car elle s’attache à un objet « factice », prenant la première place à YHWH dans le cœur de l’Homme.

Contrairement à la vraie adoration, elle ne coûte rien, mais elle est la recherche immédiate de la satisfaction des plaisirs. Si elle devait coûter quelque chose, ce ne serait que pour glorifier celui qui adore plutôt que le sujet d’adoration : YHWH !

Enfin, réalisons que la fausse adoration peut se cacher sous un verni doré de forme religieuse : l’Homme est plus attaché à la forme qu’à YHWH (la musique[10] prend de plus en plus de place dans nos rassemblements, est-elle un support à l’adoration de YWHW ou un palliatif ?), plus attaché aux activités de la congrégation qu’à YHWH… Elle se cache aussi dans des besoins légitimes au cœur de l’homme.[11]

Posons-nous sincèrement cette question : il y a-t-il quelque chose qui détourne mon cœur de l’adoration qui ne revient qu’à YHWH ?

  • De faux adorateurs

Voici en quelques points le tableau que dresse le texte de référence concernant cette société « de faux adorateurs ».

  • Elle est sensuelle et non spirituelle : son adoration est conditionnée par la musique et la vision de la statue. Elle adore ce qu’elle voit et non ce qu’elle croit[12]
  • Elle met sa confiance dans son organisation… Nous devons veiller aux mouvements qui ont pris de l’âge et qui peuvent se reposer plus sur leurs expériences (et traditions) plutôt que sur YHWH[13].
  • Elle adore ce qui lui ressemble, ce qui est à son image : une statue d’Homme. C’est une adoration qui domine son objet, alors que la véritable adoration est subjuguée par la grandeur du Grand Sujet[14]!
  • Une société qui adore mécaniquement et sous la contrainte, non de tout son cœur, de toute son âme, de toute sa force[15]. C’est une adoration facile (qui ne coûte rien), une adoration religieuse, formelle, pour faire bonne figure en société.
  • En conclusion, une telle adoration est fausse puisqu’elle ne change pas le cœur de l’Homme : cette société déteste son prochain jusqu’à vouloir sa mort[16]! On est très loin du conseil divin : un amour pour Dieu qui influence l’amour pour le prochain[17] !

II. Le culte de YHWH

Pour résumer ce deuxième point, les vrais adorateurs adorent en vérité le vrai sujet d’adoration !

  • Le sujet d’adoration

Contrairement à un objet, un sujet vit. YHWH est l’Éternel, celui que l’on ne peut pas maîtriser, statufier, limiter, car omniprésent, omnipotent, omniscient !

Le sujet YHWH est le grand « Je suis »[18], qu’il nous faut apprendre à connaître par sa parole, et son esprit.

Des versets 1 à 23, YHWH qui est le Tout-Vivant, ne se manifeste pas. On ne l’entend pas parler, il se fait discret (contrairement à tout l’orchestre de musique), on ne le voit pas agir (contrairement à l’éclat de la statue dorée). Il ne se démontre pas, ne se prouve pas, ne se vend pas, ne s’impose pas (contrairement à Nebucadnetsar), mais il est le Tout-Vivant.

  • La valeur de la vraie adoration

C’est le prix de sa propre vie. C’est être prêt à donner sa vie. Quand Dieu dit : « Tu adoreras de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force »[19] (et de toute ta pensée ajoutait Jésus[20]), il est bien question d’adorer de toute sa vie.

Adorer, c’est faire le don de sa vie au créateur. Notre vie lui a toujours appartenu, mais librement nous reconnaissons qu’elle lui revient ; nous nous en dépossédons par l’acte d’adoration.

Adorer, c’est être prêt à aller sur l’autel de la consécration ou dans la fournaise ardente !

  • Le contexte de la vraie adoration : l’épreuve

Comme nous l’avons dit plus haut, la vraie adoration n’est pas mécanique et sans valeur. Pour les trois amis de Daniel, elle a supporté l’opposition, elle a payé le prix du courage, de l’abnégation, de l’intégrité.

L’adoration n’est donc pas qu’un acte de vie que l’on pose à un moment donné, dans une circonstance particulière, mais une attitude constante de vie. L’adoration à YHWH, faisant partie intégrante de la vie, est donc régulièrement attaquée, éprouvée.

En conclusion, nous pouvons dire que l’épreuve révèle la vraie adoration[21] !

  • L’attitude du vrai adorateur

Ce qui caractérise le vrai adorateur, c’est sa vérité, son authenticité, sa transparence envers YHWH. Il est prêt à s’humilier devant son Dieu, il lui voue une confiance pleine de dévotion et d’abandon[22]. C’est cette confiance qui lui donne cette liberté intérieure, car il arrive un moment où l’adorateur ne se soucie plus des risques encourus.

Dépossédé de lui-même, dépouillé de l’adoration du MOI, il est prêt à perdre sa vie pour la retrouver[23].

En conclusion, les vrais adorateurs reçoivent la bénédiction de YHWH !

Ceux qui sont prêts à donner leur vie sont honorés par YHWH. Ils sortent de l’épreuve grandis, affermis, attirant sur eux le respect des hommes. Ils témoignent par-là de la puissance de YHWH, ils reflètent sa lumière, ils sont sel de la terre.

C’est certainement ce que Jésus voulait signifier à Pierre[24]. Quel que soit son lendemain, l’adorateur est invité par ce passage à croire que, maintenant ou dans l’éternité, Dieu se souviendra de ses fidèles !

Aurélien Fuseau

 

[1] Romains 7/21 : « Je trouve donc en moi cette loi : quand je veux faire le bien, le mal est attaché à moi. »

[2] 2 Corinthiens 4/16 : « C’est pourquoi nous ne perdons pas courage. Et lors même que notre homme extérieur se détruit, notre homme intérieur se renouvelle de jour en jour. »

[3] Philippiens 4/11 : « « Ce n’est pas en vue de mes besoins que je dis cela, car j’ai appris à être content de l’état où je me trouve. »

[4] Éphésiens 1/18 : « Qu’il illumine les yeux de votre cœur, pour que vous sachiez quelle est l’espérance qui s’attache à son appel, quelle est la richesse de la gloire de son héritage qu’il réserve aux saints. »

[5] En effet, dans le temple de YHWH, le mobilier en or (par exemple) représente sa sainte gloire !

[6] Le Soupir de la terre de Jacques DOUKHAN p.63

[7] 1 Corinthiens 12/12-27

[8] Mythe de l’Eldorado, de l’Utopie, l’Atlantide, Thélème, Christianopolis…

[9] Découverte de l’Amérique en 1492 par Christophe Colomb.

[10] Daniel 3/4, 7, 10, 15

[11] Luc 14/16-24

[12] Jean 11/40

[13] Jean 15/5b

[14] Exode 3/14

[15] Deutéronome 6/5

[16] Daniel 3/9-12, 19-23

[17] Matthieu 22/37-39

[18] Exode 3/14

[19] Deutéronome 6/5

[20] Matthieu 22/37

[21] 1 Pierre 1/6-7

[22] Daniel 3/16-18

[23] Marc 8/35-37

[24] Marc 10/29-31

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